RODEZ S'OFFRE UN MUSEE SOULAGES
Lundi 18 octobre 2010, 16h52, , petite ville au coeur de rural, a posé la première pierre d'un ambitieux musée dédié au peintre , enfant du pays à la renommée internationale, malgré les réticences locales quant aux sommes investies et l'accessibilité de son oeuvre.
Le peintre du "noir et de la lumière", exposé dans 86 musées à travers 19 pays, sera présent à la cérémonie qui consacrera mercredi le lancement officiel des travaux du musée dans la ville où il a vu le jour il y a près de 91 ans.
L'édifice, qui sera réalisé par le cabinet d'architectes catalans RCR, doit ouvrir ses portes au printemps 2013.
Outre les oeuvres de l'artiste, le musée abritera des expositions temporaires et un espace restauration pour lequel le chef étoilé Michel Bras, autre célébrité mondiale originaire de la région, et son fils Sébastien, ont été choisis.
Le projet, initié par l'ancienne municipalité UMP de Marc Censi, a été repris par son successeur PS Christian Teyssèdre, également vice-président de l'agglomération du grand , pilote du projet. C'est à lui, l'un des seuls membres de l'ancienne opposition favorable au musée, qu'est revenue la tâche, une fois aux affaires en 2008, de faire taire les grincements de dents et convaincre son équipe de s'y rallier.
Il faut dire que le musée Soulages a suscité de nombreuses réticences parmi les habitants, au premier rang desquelles son coût: 24 millions d'euros.
Si personne n'est descendu dans la rue pancarte à la main, le conservateur du musée Benoît Decron reconnaît avoir essuyé l'agressivité de certains habitants dans les mois après son arrivée en mai 2009. Quand le quotidien local Centre-Presse avait demandé fin 2009 à ses lecteurs si le musée Soulages méritait un tel investissement, ils avaient été 85% (sur 1.500 habitants) à répondre non.
"L'Aveyronnais est près de ses sous", avance Jean-Charles Bielansky, employé à l'office du tourisme. "Ces investissements ne passent pas", dit-il, expliquant aussi que certains "auraient préféré des lignes de train" pour désenclaver la région.
Régine Taussat, qui avait conduit, sous l'étiquette UMP, la seule liste hostile au projet aux municipales, estime que le musée est "démesuré par rapport à la ville" et ses 27.000 habitants (le double avec l'agglomération), "les moyens qui y sont mis et ce qu'on en espère".
Elle doute, à l'inverse du maire qui table sur "l'existence d'un tourisme international autour des musées", que le projet "devienne un moteur économique".
"C'est un art qui reste très élitiste", dit-elle. Elle fait aussi valoir que le musée passera à côté des oeuvres principales du peintre, qui avait donné corps au projet en 2005 avec une donation: "On n'a pas vraiment les oeuvres majeures, on a les oeuvres de jeunesse" de cette figure de l'abstrait, qui décline tous les usages possibles de la couleur noire.
A quoi le maire rétorque qu'il faut "attendre la seconde donation". Soulages "fait se déplacer du monde", dit-il. "Si ne le prenait pas, c'est Paris, Montpellier ou Toulouse qui le récupèrerait".
"Quand on fait quelque chose à caractère culturel, les gens considèrent toujours que c'est de trop, mais quel est le plan B?", renchérit Benoît Ducron, qui table sur au moins 100.000 visiteurs annuels dès les premières années. "C'est une opportunité formidable pour le territoire".
Pro ou anti, chacun sait que le projet est sur les rails. Et même "si on se pose des questions, on sait qu'il n'y a pas des masses de peintres aussi connus en France", dit Christian, patron de bar.
Thèmes :
Art moderne et contemporain
Thème des collections :
Art moderne / Art contemporain
Historique :
Le fonds initial provient de la donation faire par Pierre et Colette au Grand , datée du 13 septembre 2005. est né à le 24 décembre 1919. Il y restera jusqu’à sa mobilisation en 1940. De ses premières années au Pays du Rouergue il garde le souvenir des artisans de la rue Combarel où il habitait, du Lycée Foch, des paysages de l’hiver, de la découverte des statues-menhirs au , et surtout de sa visite à : « C’est là que j’ai décidé de devenir peintre » raconte-t-il encore aujourd’hui.
La beauté de l’architecture romane l’a marqué à vie, au point qu’il reçoit comme un honneur la commande publique qu’il lui est faite pour l’ensemble des vitraux de l’abbatiale en 1986. La création d’un musée dédié à trouve ainsi à un écho fort avec la biographie de l’artiste. En 1976, lauréat du Prix Rembrandt, avait d’ailleurs demandé à recevoir son prix, non pas à Paris, mais dans sa ville natale.
Le 13 septembre 2005, la Directrice des Musées de France, le Directeur Régional des Affaires Culturelles, un représentant de la Délégation aux Arts Plastiques, de même que des personnalités représentant et la Région Midi-Pyrénées, se sont réunis autour de l’artiste et son épouse pour assister à la signature de l’acte de donation. Le lendemain, le Ministre de la culture a adressé dans un communiqué ses remerciements aux donateurs et a salué leur geste de générosité.
Atouts :
La collection regroupe la totalité de techniques employées par l’artiste :
- 100 peintures sur papier (les fameux brous de noix), oeuvres très prisées des collectionneurs et peu présentes dans les collections publiques
- 21 peintures sur toiles : la sélection s’étend des débuts (fin des années 1940) jusqu’aux grands formats des années 1970
- les oeuvres de jeunesse
- la totalité de l’oeuvre imprimé (116 estampes de 1952 à 1998, avec les trois techniques employées par l’artiste : 49 eaux-fortes, 41 lithographies, 26 sérigraphies) qui avait été exposée à la Bibliothèque National de France en 2003
- 3 bronzes (totalité de l’oeuvre sculpté) édités à très petit tirage (1975-1977)
- 2 peintures incluses dans le verre (1969/1970), oeuvres rarement montrées en France, à mi-chemin entre la peinture et la sculpture
Soit environ 250 oeuvres, complétées par de la documentation :
- la totalité des travaux préparatoires pour les vitraux de (cartons grandeur nature, essais de verre, correspondances)
- les plaques de cuivres qui accompagnent les eaux-fortes
- un important fonds documentaire (photos d’exposition, photos et peintures de jeunesse allant jusqu’en 1945, ouvrages, catalogues, films) qui pourrait permettre la création d’un centre de recherche dédié à l’oeuvre de l’artiste.
Les autres atouts de la collection sont les suivants :
- la rareté des oeuvres : certaines d’entre elles (peintures sur papier, œuvres de jeunesse) n’ont jamais quitté l’atelier de et seront dévoilées au public pour la première fois au musée de
- l’exhaustivité dans deux domaines : les bronzes et l’oeuvre imprimé
- l’originalité de l’ensemble : la donation comprend des œuvres mais aussi du matériel préparatoire, permettant une approche technique de l’oeuvre de Pierre Soulages, vision originale du travail de l’artiste
- la richesse du fonds documentaire : il favorise une meilleure connaissance de l’œuvre (étape essentielle à toute opération de médiation), permet une muséographie didactique et peut également devenir aussi un élément attractif en soi pour les chercheurs.
Le musée comprendra également des espaces pour des expositions temporaires dédiées à l’art moderne et contemporain.
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 Le musée consacré au peintre et graveur Pierre Soulages à Rodez
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 Pierre Soulages est né à Rodez le 24 décembre 1919
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 Le projet du musée Soulages de Rodez
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 Le musée comprendra 1.700 m2 destinés aux collections Soulages
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 Le musée Soulages sera implanté sur le plateau du Foirail, non loin de la rue où est né Pierre Soulages le 24 décembre 1919
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 Montant global du futur musée Soulages de Rodez : 25 millions d'euros, financés par l'Agglo, l'État, le conseil général et les conseils régionaux Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Le budget de fonctionnement est estimé à 1 200 000 euros par an.
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